Train au PérouVoyager en train selon le Capitaine
© mmamontov
🧭 Les conseils du Capitaine
Réservez bien à l'avance — surtout d'avril à octobre, les trains affichent complet. Apportez une veste légère : même en été, les Andes refroidissent dès le coucher de soleil. Évitez les sièges côté droit en fin d'après-midi — vous aurez le soleil en pleine face. Arrivez au moins 45 minutes avant le départ à Cusco : le point d'accès à la gare n'est pas toujours évident pour un nouveau venu.
Voyager en train au Pérou : les lignes qui changent la vie
Le train au Pérou, c'est bien plus qu'un moyen de transport. C'est une fenêtre ouverte sur les Andes, un laboratoire de rencontres improbables, et parfois — je vous le jure — une expérience quasi spirituelle. J'y suis monté pour la première fois il y a quinze ans, et j'en descends encore émerveillé à chaque voyage.
Vous me demandez pourquoi ? Parce que le Pérou en train, c'est une symphonie de paysages : des vallées qui s'ouvrent comme des livres géants, des pics enneigés qui surgissent sans prévenir, des villages de haute montagne où le temps s'est arrêté il y a cent ans. Les routes, elles, vous enferment. Le train, lui, vous libère.
La ligne Cusco-Machu Picchu : le cœur battant
Pardon, je m'emballe. Mais cette ligne-là, c'est celle qui fait rêver depuis le début du XXe siècle. Vous monterez à Cusco, à 3 400 mètres d'altitude — oui, c'est haut, votre cœur va s'en rendre compte — et vous descendrez à Aguas Calientes, l'accès à la Cité perdue.
Les trains ici, c'est de vrais hôtels sur rails. Le Hiram Bingham, c'est presque excessif : wagon restaurant avec nappes blanches, champagne à l'apéro, fenêtres panoramiques, uniforme de steward. Je me souviens d'un midi, assis à côté d'une archéologue brésilienne qui m'expliquait les secrets des ruines tandis que nous approchions du sanctuaire. Elle disait : « Le Machu Picchu, c'est l'architecture qui parle aux dieux. » Elle avait raison.
Mais si vous voyagez sans budget illimité — ce qui est mon cas 99 % du temps — il existe le PeruRail standard. Moins de faste, mais autant de magie. Quatre heures de trajet, 112 kilomètres de pure contemplation. Les tarifs sont raisonnables comparé aux hôtels sur place.
La route du sud : Cusco vers Puno et le Lac Titicaca
Cette ligne, c'est le secret des voyageurs qui ont le temps. Quinze heures de train, des arrêts en villages isolés, des Quéchuas qui montent et descendent avec leurs poules, leurs enfants, leur vie entière. C'est moins touristique que Cusco-Machu Picchu, et infiniment plus authentique.
Le paysage ? Fermez les yeux : une toile que vous peindriez avec trois couleurs : l'ocre des terres arides, le bleu profond du ciel d'altitude, et le vert des rares cultures en terrasse. Une simplicité sauvage. Les tunnels traversent la montagne comme autant de passages initiatiques. À Puno, vous emergez face au Titicaca — le lac des dieux, disent les habitants — et là, vous comprenez pourquoi les Incas l'ont vénéré.
Je vous le dis sans détour : cette ligne n'a pas le confort du Hiram Bingham. Les sièges sont basiques, les toilettes sont… disons « fonctionnelles ». Mais le prix ? Un quart du coût des trains touristiques. Et l'expérience ? Dix fois plus riche.
Arequipa vers Cusco : la ligne de la solitude
Celle-ci, je l'ai découverte presque par hasard. Moins connue, moins fréquentée, mais tout aussi spectaculaire. Vous quitterez Arequipa — la ville blanche, construite en pierre volcanique — pour grimper à travers les Andes jusqu'à Cusco. Les paysages sont plus sauvages. Les alpacas paissent librement. Les villages s'accrochent aux flancs de montagne comme des nids d'aigle.
Le train roule lentement, vraiment lentement. À certains moments, vous vous demandez si vous avancez ou si vous rêvez simplement. C'est voulu. À cette altitude, la précipitation est un luxe qu'on ne peut pas se permettre.
Infos pratiques pour ne pas se perdre
Les trains au Pérou, ça demande de la planification, mais rien de surhumain. Les principales compagnies sont PeruRail et Belmond. Achetez vos billets 2-4 semaines avant votre départ, idéalement en ligne. Les prix fluctuent selon la saison : avril-octobre, c'est la haute saison, donc plus cher et plus de monde.
Les gares, ce n'est pas comme en Europe. À Cusco, par exemple, la gare principale est à San Pedro, au cœur de la ville. À Arequipa, c'est un petit bâtiment délabré mais charmant. À Puno, c'est entre le lac et la ville — un endroit de passage, pas une destination touristique en soi.
Et votre santé ? Cusco et Puno sont à plus de 3 000 mètres. Votre corps vous le fera sentir. Arrivez un jour avant, reposez-vous, buvez beaucoup d'eau, évitez l'alcool (oui, je sais, c'est difficile). Le soroche — le mal de l'altitude — disparaît généralement en 24 heures. Les trains montent encore plus haut que Cusco. Respirez lentement. Vous verrez, c'est étrange mais pas insupportable.
Pourquoi le train et pas la route ?
Vous vous posez la question, c'est normal. Les bus au Pérou sont moins chers et plus rapides. Mais la route des Andes, c'est tortueux, étroit, parfois vertigineux. Le train, lui, suit une trajectoire plus douce, plus contemplative. Et puis, il y a quelque chose de magique à partager un wagon avec d'autres voyageurs du monde, à croiser des yeux de femmes quéchuas qui vous demandent silencieusement si vous voyez la beauté du monde qu'elles habitent.
💎 Le bon plan du Capitaine
Montez le matin depuis Cusco, et achetez votre billet locale à la gare, pas via une agence. Vous économiserez 30 à 40 soles. Les vendeurs ambulants vous proposeront du maïs grillé et des jus — goûtez, c'est bon marché et délicieux. Préparez un pique-nique la veille : sandwichs, fruits secs, eau. Les wagons-restaurants proposent des prix touristiques.
⚠️ À éviter
Les trains de nuit qui ne sont pas clairement réputés : certains convois locaux sont peu sûrs après le coucher de soleil. Ne vous endormez pas avec vos affaires sur les sièges inoccupés. Les pickpockets existent aussi au Pérou. Et n'essayez pas de vous débrouiller sans réservation durant la haute saison — vous risquez de rester à pied.
🗒️ Le résumé du Capitaine
- Cusco-Machu Picchu : la ligne classique, touristique mais justifiée. 4 heures, paysages fabuleux.
- Cusco-Puno : 15 heures d'immersion, lac Titicaca en prime. Moins confortable, beaucoup plus authentique.
- Arequipa-Cusco : la ligne secrète. Sauvage, lente, magnifique.
- Réservez 2-4 semaines avant. Les trains partent complets en haute saison (avril-octobre).
- Acclimatez-vous à l'altitude : posez-vous 24 heures à Cusco avant de monter en train.
- Le train au Pérou, c'est choisir la contemplation sur la vitesse. Vous ne le regretterez pas.
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