Randonneur assis sur un sentier de montagne forestier avec vue sur une vallée boisée

Trek et randonnée au JaponLes sentiers du Capitaine

Japon © Luba Ertel

Le Japon, ça ne se visite pas. Ça se marche. Et quand on chausse les bonnes chaussures, ce pays vous révèle une âme que les rues commerçantes de Tokyo n'ont jamais montrée à personne.

🧭 Les conseils du Capitaine

La saison officielle d'escalade du Fuji court de début juillet à début septembre. Hors saison, les refuges sont fermés, les sentiers non balisés peuvent être dangereux et les autorités locales déconseillent fortement la montée. Respectez ce calendrier. Emportez des couches chaudes quelle que soit la météo en bas : au sommet, à 3 776 mètres, le vent peut vous glacer en quelques minutes même en août. Et réservez votre refuge de mi-parcours bien à l'avance — ils affichent complet dès mai pour les week-ends de juillet.

Trek et randonnée au Japon : les chemins que le Capitaine ne quitterait pour rien au monde

Je me souviens de mon premier matin sur le Nakasendo. Le sentier d'Edo, vieux de quatre siècles, qui relie Tokyo à Kyoto en passant par les montagnes du centre. La brume accrochait encore les cèdres. Aucun bruit de voiture. Juste le craquement du gravier sous mes bottes et, au loin, la cloche d'un temple qui sonnait l'heure sans se presser. J'ai compris ce matin-là que le Japon marcheur était une autre planète que le Japon des bullet trains.

Ce pays, pour qui l'arpente à pied, c'est un livre dont on tourne les pages lentement. Chaque col révèle un nouveau chapitre.

🗒️ Le résumé du Capitaine

  • Le mont Fuji s'escalade de juillet à début septembre — réservez votre refuge bien à l'avance.
  • Le Kumano Kodo (péninsule de Kii) est le sentier de pèlerinage le plus envoûtant du Japon, 4 à 5 jours sur l'itinéraire Nakahechi.
  • L'Hokkaido offre les randonnées les plus sauvages : ours, volcans, silence absolu au programme.
  • Le tronçon Magome–Tsumago sur le Nakasendo est accessible à tous et à ne manquer sous aucun prétexte.
  • Printemps (sakura) et automne (momiji) sont les deux saisons royales pour randonner au Japon.
  • Toujours emporter des couches chaudes, même en été : les sommets japonais ne font aucun cadeau.

Le mont Fuji : la randonnée que tout le monde fait, et pour de bonnes raisons

Oui, il y a du monde. Oui, en plein été, la file d'attente au sommet ressemble à l'entrée d'un concert. Et pourtant, non, je ne me lasse pas du Fuji. Gravir ce volcan parfait dans l'obscurité, lampe frontale vissée sur la tête, pour attraper le goraiko — le lever du soleil — depuis le cratère, c'est l'une des expériences les plus saisissantes que le Japon offre à un randonneur.

La montée dure entre cinq et huit heures selon la station de départ. La descente, sur le sable volcanique noir, c'est autre chose : une glissade géante, presque jouissive. Prenez la station Fujinomiya ou Subashiri plutôt que Kawaguchiko si vous voulez éviter le gros des bataillons. Le Capitaine vous le dit : ce choix change tout.

Le Kumano Kodo : pèlerinage, forêt et silence

Si le Fuji est la randonnée que l'on fait pour se dire qu'on l'a faite, le Kumano Kodo est celle qu'on fait pour se retrouver soi-même.Et les deux partagent un tampon de pèlerinage en commun, ce qui est à peu près la chose la plus cool qu'un sentier puisse avoir.

Le Kumano Kodo serpente dans la péninsule de Kii, dans la préfecture de Wakayama. Des forêts de cryptomères millénaires, des petits villages endormis, des auberges minshuku où l'on vous sert un repas qui vaut à lui seul la journée de marche. L'itinéraire Nakahechi — le plus emprunté — fait environ 70 kilomètres et se boucle en quatre à cinq jours. Rythme humain. Rythme japonais.

Mon ami Akira m'a accompagné une fois sur ce chemin, appareil photo en bandoulière comme toujours. Au troisième jour, devant le grand sanctuaire de Nachi et sa cascade qui dégringole de 133 mètres, il a posé son boîtier sur le sol et m'a dit : « Celle-là, je ne la photographie pas. Je la regarde, c'est tout. » Je crois que ça résume le Kumano Kodo mieux que n'importe quel guide.

L'Hokkaido et les Alpes japonaises : pour les jambes solides

Et vous savez quoi ? Le Japon possède des paysages alpins qui n'ont strictement rien à envier aux Alpes européennes. Personne n'en parle assez. C'est un scandale.

Le parc national de Daisetsuzan, sur l'île d'Hokkaido, abrite les sommets les plus sauvages de l'archipel. Le Rokkando, traversée de six jours en refuge, est une randonnée itinérante de haute montagne à couper le souffle. Volcans actifs, champs de fleurs alpines en juillet, ours bruns sur les versants — oui, des vrais ours bruns, et non, ce n'est pas dans une brochure de parc d'attractions. Là-haut, la nature fait ses propres règles.

Plus au sud, dans les Alpes japonaises, le circuit des sommets entre Matsumoto et Takayama récompense chaque dénivelé d'une vue sur des crêtes qui s'étendent à l'infini. La traversée passe par le Yarigatake, surnommé le « Cervin japonais » — et pour une fois, la comparaison est honnête. Ce pic effilé mérite son surnom.

Le Nakasendo : marcher entre deux époques

Je l'ai évoqué en ouverture, mais il mérite son propre paragraphe. Le Nakasendo est un ancien chemin postal qui reliait les deux capitales du Japon féodal. Entre les villes de Magome et Tsumago, dans la vallée de Kiso, un tronçon d'une dizaine de kilomètres est préservé dans un état quasi intact. Pas de bitume. Pas de pylônes. Des maisons à colombages, des pierres mousseuses, des lanternes en bois. Marcher là, c'est traverser un écran entre les siècles. C'est une randonnée facile, accessible à tous, et c'est l'une des plus belles heures et demie que vous passerez sur un sentier nippon.

Quelle saison pour randonner au Japon ?

Le printemps et l'automne tiennent le haut du tableau, sans discussion possible. En avril et mai, les cerisiers fleurissent jusqu'en altitude et les températures sont idéales pour marcher sans souffrir. En octobre et novembre, les forêts prennent feu — rouge, orange, jaune, toutes les nuances du momiji — et chaque sentier devient un tableau vivant.

L'été reste praticable en montagne, particulièrement en Hokkaido où la chaleur reste supportable. En plaine, en revanche, randonner en juillet et août dans l'humidité étouffante relève de l'épreuve sportive plus que du plaisir. L'hiver réserve de belles surprises pour les amateurs de raquettes sur l'île du nord.

Ma chère amie Yuki, qui passe ses étés à parcourir les alentours de Niigata entre deux dégustations de saké, me l'a dit avec ce sens de la formule qu'elle a toujours : « En automne, même les montagnes ont honte d'être trop belles. » Je n'aurais pas mieux dit.

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